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Truffle Capital a levé 390 millions pour deux nouveaux fonds

Les nouveaux véhicules seront consacrés aux medtechs (250 millions d'euros) et aux fintechs (140 millions d'euros). Truffle Capital opère sur un modèle semblable aux start-up studios, en investissant dans des sociétés qu'il cocrée.

Truffle Capital annonce ce mercredi avoir bouclé la levée de deux nouveaux fonds, un premier de 250 millions d'euros dédié aux medtechs et aux biotechs, et un second de 140 millions d'euros consacré aux fintechs. Au total, en quinze ans d'existence, les équipes du fonds ont géré 750 millions d'euros. Truffle Capital indique avoir accompagné 70 start-up, avec un ratio intéressant de sorties puisque 13 d'entre elles ont été introduites en Bourse et 17 ont été cédées.

Sourcer la tech dans les universités

Cofondé par le docteur en médecine Philippe Pouletty, le fonds opère sur un modèle différent de celui des investisseurs en capital-risque classiques, se rapprochant plutôt de celui des start-up studios. « Nous sourçons des technologies dans les 50 plus grandes universités mondiales, explique Philippe Pouletty. Nous acquérons ensuite des licences exclusives et mondiales sur les brevets, puis nous créons la société en France. » Depuis sa création, Truffle Capital revendique ainsi avoir généré 1.500 emplois sur le territoire français. Le fonds dispose de talents en interne sur les fonctions support, comme les directeurs financiers, qui peuvent travailler sur plusieurs projets. L'équipe managériale de chaque start-up est quant à elle intéressée grâce à un système d'actions gratuites (BSPCE), alors que l'université dont provient le brevet détient 5 % du capital.

L'objectif de ce dispositif est de « créer des sociétés vraiment disruptives », comme les coeurs artificiels Carmat , issus du fonds, explique son cofondateur. En France, ce sont les sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT) qui sont chargées de faire le pont entre les recherches académiques et le monde des affaires, mais le système comporte encore de nombreuses lourdeurs administratives.

Proches de leurs investisseurs

Bien qu'atypique, le modèle de Truffle Capital a su séduire les investisseurs, à l'instar du groupe bancaire BPCE, du groupe pharmaceutique Guerbet, de L'Occitane, de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) ainsi que de family offices français et internationaux. « Leur modèle d'affaires nous a plu, comme leurs méthodes de sourcing des technologies, indique Amaury Godron, directeur général d'Obratori, le start-up studio de L'Occitane. Ils ont de l'expérience, et mettent les mains dans le cambouis, en créant toute la société. » Une douzaine de start-up devraient émerger de chacun des fonds. Si celui dédié aux medtechs et aux biotechs vise à « développer des dispositifs médicaux et des médicaments révolutionnant la médecine interventionnelle mini-invasive et la santé », le fonds destiné aux fintechs a pour objectif de se positionner sur tous les métiers de la banque et de la finance. « Nous pensons que l'arrivée de start-up technologiques peut disrupter le marché aussi bien dans le crédit que dans l'asset management, les processus internes ou encore l'assurance », déclare le cofondateur de Truffle Capital Bernard-Louis Roques.